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Le bon architecte

Serais-je un jour un bon architecte ? Outre la volonté de faire une bonne architecture – donnée plus ou moins subjective – qui est le bon architecte ?

Est-ce celui qui s’accorde au plus près des désirs du client ? Celui qui respecte les délais ? Celui qui est à la pointe de l’innovation ? Celui qui se forme ? Celui qui vit et gère son agence au mieux ? Celui qui fait un projet de société ? Celui qui sait réduire les coûts au minimum ? Celui qui sait travailler en équipe ? Celui qui tient un bon discours ? Celui qui comprend les besoins non inclus dans le programme ? Celui qui sait produire de nouvelles formes ? Celui qui travaille beaucoup ? Celui qui s’implique politiquement ? Celui qui cherche de nouvelles matières ?  etc.

On peut continuer longtemps les différentes attentes que chacun a de l’architecte… L’habitant, le travailleur, le visiteur, la collectivité locale, le magazine, le promoteur, le constructeur, et j’en passe, sont autant de points du vue sur le rôle de l’architecte.

J’imagine alors mon ami d’école, si buté sur notre étude de plan masse, face à un client à qui la maison ne lui plaît pas, tout simplement… Comment va-t-il faire passer son projet ? Je vois aussi les différents studios au sein même d’une école, qui apprennent l’architecture mais aussi le rôle de l’architecte de façons complètement différentes, tantôt penseur, artiste, ingénieur bâtisseur.

L’architecte, qu’il le veuille ou non, doit apprendre à être caméléon. Renzo Piano quant à lui affirme dans une interview sur lePoint.fr que le bon architecte, c’est comme le bon médecin. Il doit aller au-delà de la parole exprimée. Interpréter une commande est un exercice délicat. Il faut rester humble : nous ne sommes que des constructeurs d’abris […]. Mais dans [ce] métier, si vous faites une erreur, elle reste. Une mauvaise musique, il suffit d’arrêter de l’écouter. Un mauvais tableau, on peut le ranger. Une architecture ratée, elle est subie par tous : c’est terrible pour l’architecte, pour l’utilisateur aussi.

Dans la pratique, je suppose que les différents rôles sont à endosser avec tact. À rester sur des convictions trop fortes, sans aucun compromis, la réalité n’acceptera pas le projet. Mais à jouer l’architecte modèle, on peut oublier les intentions premières, les valeurs que l’on voulait transmettre, la bonne architecture que l’on portait au coeur. Le projet est fait de la discussion de tous ces architectes que l’on doit être.

Serais-je un jour un bon architecte ? Sans doute l’architecture produite sera celle qui en dira le plus.

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